Préambule: toutes les photos que je souhaitais ajouter à ce message sont chargées, je rappelle qu'il faut cliquer dessus une fois pour les agrandir. Je mettrai le reste de nos photos sur Picasa et vous enverrai le lien. Mais je dois d'abord faire un petit tri, car il y en a 800... (on s'y est mises à deux...).
C'est vers 16h que nous arrivons à Geelong, la fameuse ville où commence la Great Ocean Road.
Avant, nous avons roulé dans les quartiers de Melbourne que nous n'avions pas vu la veille, et sur St Kilda, le Nice de Melbourne.
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| Le métier Jacquard |
A Geelong, il y a le musée national de la laine, alors avec une mamie qui transforme tous les fils qu'elle trouve en quelque chose, on ne pouvait pas y échapper. C'est très intéressant: on commence par une petite expo sur le thème de Noël, un peu kitch des fois, mais de belles choses. Ensuite, c'est tout le parcours de la laine qui est expliqué, du mouton jusqu'à la couverture. On lit des informations sur les moutons, les élevages, les maladies, les remèdes,..., puis sur la tonte, les maisons des éleveurs, les machines qui lavent la laine, qui en font des fils, puis les machines qui tricotent toutes seules, les machines qui font des chaussettes, celles qui feutrent les étoffes obtenues... Bref, on voit de tout. Il y a même un métier Jacquard (français!), pour faire des tapis, qui fonctionne avec des cartes perforées, comme un orgue de Barbarie: il est exposé en plein milieu, et se met à fonctionner un peu avant la fermeture, donc on a pu le voir en action!
Bref, Paul et moi réduisons considérablement la moyenne d'âge des visiteurs, mais j'admets que c'était très intéressant.
En sortant, c'est l'heure du goûter et de la promenade le long de la côte. La ville est réputée pour ses figurines en bois le long de la mer. Et c'est vrai que c'est assez étrange, ces personnages figés que l'on retrouve tous les 50 mètres, que ce soient des musiciens, des pêcheurs, ou autres...
Il est temps de se préoccuper de notre hébergement pour la soirée, et après quelques coups de fil, nous nous fixons pour Anglesea, 40 km plus loin. On doit arriver avant 20h, donc on a largement le temps.
C'est ainsi que nous entrons dans le vif du sujet : The Great Ocean Road.
On commence avec Torquay, et Bells Beach, le paradis des surfeurs, la plage sur laquelle a été tourné Point Break. Tout y est: la belle mer, les vagues, les falaises, et même les surfeurs.
Nous longeons la côte jusqu'à Anglesea, où nous nous arrêtons faire quelques courses, puisque nous avons une cuisine à disposition pour notre dîner. Il est 19h, tout est fermé, sauf une petite épicerie qui nous sauve notre dîner !!! Le gérant est très sympa, admet que ce n'est pas très vivant pour les touristes, et discute avec nous car il a un oncle mort à la guerre 14-18, enterré en France, et sa soeur revient justement d'un voyage en France, pour voir la tombe... Le malheureux tonton n'a pas eu de chance: envoyé sur la bataille de Gallipoli, il est blessé et soigné en Angleterre. Une fois guéri, il est de retour sur le front, cette fois en France, où il est tué et enterré. Le sort s'acharne.
Nous rentrons donc, un peu moins ignorantes, nous faire à manger, et passer la nuit.
Le lendemain, nous nous plongeons dans le thème du voyage: la nature et les vues splendides!! Au bout de notre rue, il y a un golf réputé pour accueillir des kangourous au milieu des golfeurs. Et en effet, c'est le spectacle auquel nous assistons!! C'est assez drôle à voir!
Nous repartons ensuite sur la côte, où les magnifiques vues se succèdent les unes aux autres. L'attraction est aussi sur la terre, avec l'architecture des maisons, qui rivalisent d'idées pour avoir la meilleure vue sur la mer: grandes baies vitrées et balcons, sur des maisons attachées à la falaise ou carrément sur piliers, le tout plus ou moins moderne. Ca fait rêver. Pour certaines, le 4x4 est obligatoire, car l'accès se fait par une côte si raide que je n'oserais pas la descendre en vélo...

Nous décidons de prendre notre pique-nique à Lorne. Nous faisons d'abord un tour vers la jolie cascade Erskine, mais comme il y fait un peu froid (à cause de l'humidité ambiante), on décide d'aller manger sur la plage. Là, on assiste à un cours de surf pour les collégiens du coin... Trop dur la vie en Australie, pendant que nos collégiens courent autour d'un stade, les Australiens prennent des cours du surf... C'est un autre monde.
Pour moi, c'est une petite séquence souvenirs, car j'avais déjeuné avec Manu sur cette même plage il y a 3 ans, dans notre camping-car (on se rappelle encore du bon steack mangé à l'époque...), et aujourd'hui, il y a Paul qui joue dans le sable avec une petite fille... Les années passent!!
Bref. Nous repartons, et au détour d'un virage (la route tourne beaucoup dans ce coin), nous voyons des gens sur le côté prendre des photos en l'air. Nous nous arrêtons donc, pour voir à notre tour, perchés dans les eucalyptus... des koalas!! Adorables petites bêtes (pas si petites d'ailleurs), dont l'une était avec un bébé... Super mignon!!
Nous passons Apollo Bay, et ensuite la route quitte la côte pour entrer dans les terres. C'est très valoné. Le point positif, c'est que c'est très joli, et sauvage, si bien qu'en traversant la forêt, on croise un wallaby qui casse la croûte !! En France, on ne s'arrête pas en pleine campagne si on croise un lapin sur le bord de la route, mais ici, on est des touristes, alors on assume, et on tente la marche arrière pour le prendre en photo... Une voiture arrive dans l'autre sens, un peu trop vite, et le fait fuir.. Tant pis, on l'a dans la tête!!!
Le point négatif dans cette histoire, c'est qu'on commence à manquer d'essence... La réserve s'allume dans les montées, et s'éteint parfois en descente... Mais je ne suis pas rassurée, car la voiture est vieille, et je ne sais pas à quel point on peut compter sur les "100 kms" théoriques de la réserve. La carte annonce quelques villes sur notre route, mais nous comprenons rapidement qu'en Australie, 3 ou 4 maisons à moins de 100 mètres d'écart, ça s'appelle une ville. Pas besoin d'une mairie, d'une église ou d'une boulangerie... Et encore moins d'une station essence. Bon, on trouve finalement la station pour les touristes dans notre cas, un peu chère, mais bienvenue.
On arrive à Princetown ("la ville du prince"), lieu de notre éventuel hébergement du soir. Là encore: une seule rue (un cul de sac), 4 ou 5 maisons, dont l'auberge de jeunesse, un camping, un hôtel-restaurant-épicerie, et une épicerie qu'on ne verra pas ouverte. Et au bout de la rue, juste de quoi faire demi-tour!!! Impressionnant de pouvoir appeler ça une ville, et Princetown en plus!!, et d'y voir de la vie. On réserve donc notre chambre, et on repart pour les 12 Apôtres, l'attraction la plus célèbre de la Great Ocean Road.

Les 12 Apôtres, c'est beau! C'est le Etretat de l'Australie, avec des falaises calcaires, et quelques blocs qui se sont détachés de la côte avec l'érosion, resté dressés pour notre plus grand plaisir. Fût une époque où ils étaient 12, d'où leur nom, mais ils ne sont plus que 8, le 9ème étant tombé en 2005. L'érosion continue, au rythme de 2cm par an. Dépêchez vous si vous voulez les voir encore debout! Le mieux, c'est de les voir au coucher de soleil, mais on se dit qu'il est un peu tôt. Bon, finalement, le temps de faire marcher Paul jusque là, de

prendre quelques photos,... le soleil se couche. Et comme dirait Coluche, "oui, le soleil se couche, c'est beau... bon, on se casse?". Le seul soucis, c'est que nous ne sommes pas seuls à venir admirer ce phénomène, et qu'il faut bien penser à regarder la mer et à faire abstraction des gens qui nous entourent. Et encore, c'est la basse saison!!! Paul en profite pour faire son tour de charme aux filles qu'il croise. Il y en a même une sur laquelle il jette son dévolu: il la prend par la main et l'emmène avec lui. Ca marche, elle fond, et nous demande même de prendre une photo d'elle et lui. Voilà, Paul est parti quelque part en Asie, dans la mémoire d'un appareil photo... Bon, le soleil est couché, c'était beau, il est temps de rentrer "à la maison", pour dîner et se coucher. Heureusement qu'on a des restes car ce n'est pas ici qu'on aurait pu faire des provisions!

Le lendemain, on continue sur la côte de calcaire. On admire notamment la Loch Ard Gorge, du nom du navire Loch Ard qui s'est échoué ici (un parmi tant d'autres...) dont tous les occupants sont morts, sauf deux jeunes gens qui avaient trouvé refuge dans cette gorge, où la fille a pu rester à l'abri pendant que le garçon partait chercher de l'aide... On peut donc visiter le musée qui retrace leur histoire.
Un peu plus loin, il y a le London Arch, qui lui aussi a sa petite histoire, plus récente: autrefois, le calcaire formait une sorte de pont à deux arches, appelé London Bridge (les arches étant elles aussi formées par l'érosion naturelle due à l'avancée de la mer sur la roche). En 1990, l'arche la plus proche de la terre s'est effondrée, emprisonnant deux touristes sur la partie devenue une île. Ils ont passé plusieurs heures sur l'arche avant d'être hélitreuillés, car il y avait trop de vent pour que l'hélicoptère puisse y accéder plus tôt. Il n'y a eu aucun blessé!
On descend aussi voir The Grotto, une piscine naturelle... Et tant d'autres belles choses.
On parcours les petites villes aussi, charmantes, telles que Port Campbell. Et on continue la route pour arriver cette fois à Warrnambool, la grosse ville du coin, avec la grosse nationale et le grand choix pour les stations essences, chouette!! On trouve un très bel endroit pour le pique-nique, sur la rivière, avec les belles maisons en face, les avirons qui naviguent, et un grand arbre pour s'abriter du soleil. C'est idéal. Il ne manque qu'un bon café avant de repartir... Mais on ne peut pas tout avoir! C'est une ville d'où on peut admirer les baleines, mais comme ce n'est pas la période, on ne s'y attarde pas, et on repart direction Portland. Le but était de pousser jusqu'à Mont Gambier, pour avoir moins de route à faire le lendemain, mais nous n'avons pas le temps, et pas envie de nous presser. Nous nous arrêtons donc à Portland, prenons le temps de faire des courses et de découvrir notre nouvel hébergement... Portland, c'est la fin de la Great Ocean Road, mais je sais qu'il y encore un site à voir dans le coin, même si je ne sais plus exactement où il est, mais il m'avait marquée la dernière fois alors j'aimerais le revoir.

Après quelques recherches, nous arrivons donc le lendemain matin à la Forêt Pétrifiée que je voulais voir. C'est un site assez inattendu, avec des formations calcaires qui donnent l'impression d'une forêt qui aurait été moulée, et dont les troncs auraient disparu. En fait, il n'y a que le nom qui s'apparent à une forêt, puisque le phénomène est entièrement minéral: de l'eau qui s'infiltre dans le sol, se charge en minéraux, se durcit pour former des tubes, qui se vident avec l'érosion (en gros). C'est assez impressionnant. Et en plus, nous avons la chance de croiser un petit groupe de kangourous qui se baladaient par là!! Faut dire qu'on est sur un cap, et qu'ici, ils ne doivent pas être souvent dérangés, c'est beaucoup moins touristique que le reste.

Nous reprenons donc la voiture, car on doit être à Adelaïde le soir même, et il y a encore beaucoup de route. Premier objectif: Mont Gambier, pour le déjeuner. En route, nous apercevons cette fois un petit groupe d'émeus sauvages, sur le bord de la route... Je pense que si on prenait vraiment le temps, on verrait beaucoup d'animaux sauvages... Nous passons la frontière entre le Victoria et South Australia, et avançons notre montre d'une demi-heure en même temps.


A Mont Gambier, j'emmène Paul et mamie voir les attractions locales: le Blue Lake, un lac formé dans un ancien volcan, d'un bleu puissant, qui change de couleur au cours de l'année (il est encore plus beau de novembre à mars). Un peu plus loin, à la sortie de la ville, il y a le Umpherston Sinkhole, un trou assez surprenant, tout rond et d'une trentaine de mètres de profondeur, créé à nouveau par l'érosion des roches calcaires par les eaux du sol, acides. En fait, une nappe d'eau s'est infiltrée dans le sol, un trou s'est creusé sous la terre, puis la terre qui était au-dessus a fini par s'écrouler. Inspiré, un artiste a décidé de décorer le fond du trou pour en faire un très joli jardin, arboré, avec des lumières douces le soir, des bancs, des marches pour y accéder,... Bref, un endroit très mignon!
Et voilà, notre dernière étape est derrière nous, on reprend la route cette fois pour Adélaïde. Il est environs 14h, et on espère être à la maison pour 20h. Après un bon café, cette fois vraiment nécessaire, nous voilà sur les routes toutes droites à nouveau. 20h, c'est finalement largement possible, sauf que la jauge d'essence me fait à nouveau une blague. Alors qu'on passe une ville avec des stations essence, la voiture m'indique que j'ai assez d'essence pour rentrer à la maison. Mais quelques kilomètres plus loin, la réserve s'allume, alors que nous entrons sur une autoroute, sur laquelle on ne trouve pas d'essence. Nous décidons de sortir, et de chercher une station dans les villes. C'est super mignon le coin, très valoné, alors au début, on profite. Mais à force, on stresse. La seule station que l'on trouve, alors que le taux d'adrénaline est déjà bien élevé, a fermé ses portes quelques minutes auparavant. Oui, ici, le samedi, les commerçants profitent du week-end et ferment plus tôt que la semaine, ce n'est pas comme en France où on trouve ce qu'on veut le week-end... Nous croisons les doigts, et repartons sur la route, puisque la carte, à nouveau, indique des villes, même si nous avons appris à nous méfier de la taille des villes sur la carte... Et à raison!!! C'est bien plus tard, après avoir joué aux montagnes russes avec la Toyota, que nous trouvons une station ouverte... Un grand soulagement.
Et c'est parti pour les quelques kilomètres restant. On va directement à Parafield chercher Papap !! C'est la fête, et ça remonte le moral de Paul qui commençait à faire la tête dans la voiture... Oui, il a appris ça: il ne l'a fait qu'en voiture pour l'instant, mais quand il estime qu'on ne s'occupe pas de lui pendant un temps trop long, il nous ignore et fait la tête... Bref, tout ça est vite oublié à la vue de papap. On rentre vite car il y a la demi-finale de la coupe du monde de rugby au même moment, donc on veut voir la fin.
Et en plus, on gagne, alors c'est parfait!!!
Et voilà, la première partie de notre périple est terminée!! Je crois qu'au total, depuis mon départ d'Adelaïde, j'ai roulé 2400 kms, en 6 jours. Et la Toyota, malgré ses 220 000 kms au compteur, a assuré du début à la fin (sauf pour la jauge d'essence...). Ok, elle est moche, la peinture est partie, il n'y a pas de télécommande sur la clé, ni les vitres électriques, et il y a une moumoute au-dessus du tableau de bord, mais elle ne nous a pas du tout lachés, et c'est le principal.
Et pendant ce temps là, Pépé repeint tout le rez-de-chaussé à Sucy... Mais chut, c'est une surprise pour Mamie... ;-)