Nous sommes le 18 mars, Antoine fête ses deux mois !!
Paul est malade depuis quelques jours, et hier soir, malheur, Antoine a toussé... Réveil avec la voix cassée, en toussant, tétée rendue suite à une quinte de toux, pas de doute, mon petit Antoine couve quelque chose... Je l'emmène chez le pédiatre qui me dit, de manière prévisible: "c'est surement un virus, puis de toutes façons, il est trop petit pour prendre des médicaments... Surveillez sa température et si la fièvre dure plus de 24h, emmenez-le à l'hôpital.". Pour moi, qui pensais que le rhume de Paul était un coup de froid plutôt qu'un virus, et que l'allaitement protégeait Antoine des microbes, c'est un coup dur...
Début de la fièvre le mardi soir, sans redescendre, donc direction les urgences du Queen Mary Hospital le jeudi matin. Radio des poumons et divers examens amènent à la conclusion attendue: bronchiolite. Je m'étais renseignée donc j'avais reconnu les signes, et je savais que dans l'immense majorité des cas, la bronchiolite est bénigne... sauf qu'avant 3-4 mois, il faut être vigilant... Et à Hong-Kong, la vigilance, la prudence, ils connaissent...
On m'annonce donc dans l'après-midi que nous sommes là pour la nuit... Je pense qu'en France on m'aurait laissée repartir avec de la ventoline, mais pas ici... Deuxième coup dur... Et là, je découvre l'incroyable chaleur humaine qui se dégage du personnel soignant: "Vous passez la nuit ici. Vous aurez un lit d'appoint que vous pourrez déplier entre 22h et 6h, mais pas de couverture. Pour les repas, il y a un café en bas. L'hôpital vous apportera de l'eau 4 fois par jour. Les toilettes de la chambre sont réservés aux patients, vous, vous devez sortir du service. Vous portez un masque en permanence dans le service, et une blouse dans la chambre. Un seul parent autorisé aux côtés de l'enfant. Vous avez des questions?". Heureusement qu'ils sont compétents...
Phénomène à peine croyable, je commence à allaiter Antoine dans la salle du docteur, entre deux examens (hôpital universitaire oblige, tous les examens sont faits 4 fois...): une infirmière entre et court me chercher une couverture pour que j'allaite dans l'intimité.... Ils estiment donc nécessaire que j'allaite dans l'intimité, mais pas de me donner une couverture pour la nuit... J'ai bien sur cherché à garder la couverture pour la nuit, mais ils l'ont récupérée quand je suis sortie manger...
Je préviens mes copines: aucune hésitation, elles débarquent pour me tenir compagnie pour le diner, me soutenir, en m'apportant une grande couverture, de la lecture, des bonbons, une brosse à dents,... tout ce dont je pouvais avoir besoin! Quelle chance de les avoir, ça remonte le moral!!
Antoine a donc droit à de la ventoline en sirop, et du paracétamol. Ses pulsations cardiaques sont monitorées en permanence, avec alerte si ça monte trop ou descend trop bas... Le lit est incliné, et les infirmières viennent régulièrement faire des examens. Nous sommes dans une chambre avec 5 lits, mais les autres sont vides. Deux enfants arrivent le lendemain matin, vers 5h. La nuit n'est pas trop mauvaise, Antoine semble ne pas souffrir, le pouls redescend, j'ai bon espoir. Visite du docteur: son état n'est pas meilleur que la veille, donc le pic de la maladie n'est pas atteint, pour l'instant on ne sort pas.... Pour mieux faire passer la nouvelle, le docteur, qui a fait une visite de 3 minutes et n'a visiblement pas pris la peine de lire le dossier correctement, me parle d'Antoine en me disant "elle", et répond à mes questions en quittant la chambre, sans prendre la peine de me regarder.... Grand moment de solitude...
Le soucis c'est que moi, j'ai quitté la maison en pensant rentrer quelques heures plus tard... je n'ai presque plus de couches, ni d'habits, après les multiples renvois d'Antoine causés par la toux. Manu vient donc me rendre visite, m'apportant un bon repas maison, des changes pour tout le monde, et mon petit Paul pour me faire un gros bisous. Ca va déjà mieux. Entre temps, l'hôpital m'a fourni une chemise... Mais ils n'avaient rien pour l'âge d'Antoine... ça doit être du 2 ans, je vous laisse voir ce que ça donne... Enfin, il ne semble pas s'en plaindre:
Le sirop de ventoline ne semble pas assez efficace, alors on lui fait inhaler de la ventoline, et on lui fait aussi des inhalation de chlorure de sodium, dont j'ai découvert les propriétés expectorantes... Ça donne ça:
Deuxième visite du docteur: le pic est surement atteint, mais on doit vérifier... Une deuxième nuit à l'hôpital s'annonce... Le virus a été détecté (VRS), alors nous sommes mis en isolation dans une chambre double, vide pour l'instant, mais qui servira à un autre enfant atteint du même virus si le cas se présente. Aussi, une autre bonne nouvelle est tombée: Antoine a toujours son visa de touriste, et non de résident... Hong Kong ne prend donc pas en charge son hospitalisation. Pour les deux jours et deux nuits, la facture s'élève à 660 euros.... Chouette!
Nous voilà donc dans notre nouvelle chambre, les rondes des docteurs et infirmières continuent, ainsi que les inhalations. Le soir venu, mes copines sont de retour, cette fois, elles ont prévu le dîner!! La tarte au thon, la salade et les petits gâteaux... J'ai quand même beaucoup de chance de les avoir rencontrées ces petites françaises!!
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| Christine et Almira, mes supers copines!! |
Deuxième nuit à l'hôpital, c'est parti, je déplie mon lit. Antoine me laisse dormir quelques heures. Vers 4h, il se réveille pour la tétée, vers 5h, c'est la ronde des soins, vers 5h45, il se rendort.... Et à 6h, la petite infirmière (ou aide-soignante, je n'y connais rien...), vient allumer la lumière et m'annonce qu'il faut plier le lit... Incompréhension: Antoine dort, les soins sont faits, il ne se passera probablement plus rien avant 9h, nous sommes seuls dans la chambre, je ne gêne personne avec mon lit, je n'ai dormi que 4 ou 5 heures, et je devrais plier mon lit?? Et oui, c'est le syndrome classique de la rigidité hong kongaise ! La règle dit "le lit peut être déplié entre 22h et 6h", donc même si ça ne dérange personne et que la maman aimerait se reposer pour être en forme au moment du réveil de son enfant, il est 6h et il faut plier le lit... Sauf que moi, je ne suis pas Hong Kongaise... Alors je négocie, mais elle ne semble pas comprendre pourquoi, puisqu'il est 6h... Je finis par dire "ok ok", j'attends qu'elle parte, et je me recouche!!! C'était impossible pour moi de me résoudre à plier le lit pour me retrouver sur une chaise en plastique alors que je n'avais rien d'autre à faire que dormir... J'ai fini par plier le lit à 7h, de moi-même, et j'ai attendu qu'Antoine se réveille, vers 8h30...
9h, visite du médecin: c'est bon, le pic est passé, le pouls est redescendu, on pourra sortir à midi!! Encore deux inhalations, et on sera libres! Youhouuuuu!!! C'est la fête! Et comme ma copine Almira est super géniale, et qu'elle prenait la voiture à ce moment là, elle est venue nous chercher avec son mari, et nous a déposés devant le ferry...
Et là, nous rentrons à la maison, soulagés, contents,... Encore quelques jours et quelques nuits agitées, puis cet épisode était réellement derrière nous. On s'en serait bien passé, je l'avoue...
Depuis, j'ai appris que le coup de froid n'existe pas: on n'attrape pas froid en sortant mal habillé, par contre, le corps est plus vulnérable aux attaques. Donc Paul avait forcément un virus à la base, qu'il a transmis à son petit frère. La semaine dernière, ils ont remis ça tous les deux, (trois avec moi), mais cette fois, la fièvre n'a duré que quelques heures, et la maladie s'est limitée à de la toux et un nez encombré. Beaucoup plus simple à gérer!
Et pendant ce temps là, Paul profitait de ses deux jours tout seul avec son papa!!